LETTRE OUVERTE A UN MONUMENT EN PERIL

Mon très Cher Pierre,

 

Le 23 janvier 2019, lorsque, pour la 3ème fois en quelques mois, le Conseil d'Etat réorganisait les dicastères, j'étais, certes fort mécontent, mais heureux et soulagé pour toi à l'idée qu'une fois à la tête d'un portefeuille fortement réduit, tu pourrais prendre du recul et surtout du repos.

 

J'étais, donc, particulièrement réjoui, mercredi dernier, lorsque je vis ta mine reposée sur les écrans de Léman Bleu.

 

J'étais manifestement dans l'erreur tant les propos que tu as pu tenir à cette occasion auraient dû conduire ton médecin de famille à diagnostiquer une crise de démence à tendance paranoïaque et te prescrire immédiatement une cure de sommeil...

 

En premier lieu, pour commencer par le plus évident, tu as jugé utile de céder à la facilité en recourant au bon vieil adage selon lequel l'attaque serait la meilleure des défenses (à moins que ce ne soit « Calomniez ! Calomniez ! Il en restera toujours quelque chose... ») en te vautrant dans la plus vile et la plus sentencieuse des accusations et en me prêtant, donc, des intentions racistes !

 

            « Rengaine habituelle à l'UDC qui consiste à désigner sous l'angle de noms à consonances étrangères (…) Mais ce niveau-là de campagne où on attaque encore une fois en fonction           des patronymes étrangers, je trouve ça véritablement nauséabond ! »

 

Dès lors, je te serai infiniment reconnaissant, Mon Cher Pierre, de bien vouloir m'indiquer, dans la lettre ouverte que tu ne manqueras pas de m'adresser en réponse à la présente, et que je t'invite fortement à publier, quels noms, patronymes, pseudonymes, blazes, surnoms, sobriquets, et autres diminutifs, à consonances étrangères figurent dans ma question écrite...

 

Pour conclure sur ce point, tu comprendras, ma déception et qu'ainsi je prenne la liberté de reprendre, à mon compte, tes propos : « L'idée d'introduire en permanence le soupçon est assez insupportable », ça l'est d'autant plus lorsqu'il s'agit de soupçons de racisme !

 

En second lieu, tu as cru nécessaire, par une pirouette, de te faire passer pour un imbécile, ce que personne, même aujourd'hui, ne saurait imaginer de la part d'un homme de ta classe et dont le parcours ne saurait témoigner d'autre chose que d'une intelligence, d'une probité et d'une habileté au dessus de la moyenne de la plèbe politique dont je m'honore, pourtant, de faire partie.

 

            « Si maintenant la question globale de l'UDC c'est : avez-vous, ces dernières années, de       façon globale facilité le processus de naturalisation, la réponse est : oui. »

 

Franchement ? Pierre ?! Non, la réponse est : non.

 

La « question globale » de l'UDC n'est évidemment pas celle-ci, même si cela t'a donné l'occasion de nous dire, une fois encore, tout le bien que tu penses de ta propre action au bénéfice du canton pendant toutes ces années (n'est-on jamais mieux servi que par soi-même...).

 

Ce n'est pas la question de l'UDC, laquelle justement ne veut pas examiner ta façon « globale » de procéder, mais bien, le cas échéant, ta façon particulière de le faire...

 

D'ailleurs, et en 3ème lieu, toi-même ne saurais tomber dans le panneau de l'imbécile qui n'a pas bien compris le sens de la question puisque, sans peur de te contredire, tu indiques, dans la même interview :

 

            « Il fait référence à des personnes qui interviennent dans mon histoire... »

 

Je te rappelle qu'aucun nom n'étant cité dans ma question écrite, d'aucuns (les insupportables malintentionnés) pourraient voir une sorte d'aveu spontané dans cette réponse.

 

Ma question, n'avait qu'un seul but, et je te promets que si tu veux bien prendre un peu de repos et cesser de faire l'imbécile, elle est à la portée d'un intellect aussi brillant que le tien :

 

  • Compte tenu de toutes les « affaires Maudet » et sans te retirer le bénéfice de la présomption d'innocence ;
  • Compte tenu de ton propre aveu de mensonge ;
  • Compte tenu des responsabilités qui furent les tiennes ;

 

Il m'a semblé légitime de s'interroger, et d'interroger le Conseil d'Etat puisque personne ne l'avait encore fait et que cela relève de ma fonction de député, d'éventuelles dérives...

 

Mais me voici rassuré puisque comme tu l'indiquais en début d'interview, tu as « la conscience tranquille » et tu es certain que « ce que [tu as] fait, [tu l'as] fait pour le canton... ».

 

Mon Pierre, au lieu de m'accuser de racisme tu aurais donc dû me remercier de t'avoir ainsi donné l'occasion de tuer dans l'œuf une éventuelle nouvelle « affaire Maudet ».

 

Sache toutefois que je suis sincèrement désolé pour tes collègues et toi-même de ma question qui vous « empêche de travailler correctement », mais, pour ma part, je considérais, et continue de considérer que poser des questions au Conseil d'Etat relève de mes fonctions et constitue même la raison d'être de mon mandat.

 

Si toutefois le dérangement est trop important (je préfère vous savoir préparer un budget à l'équilibre préservant les intérêts des genevois et des générations futures...) je te remercie, par avance, de bien vouloir m'indiquer précisément, dans ta lettre ouverte de réponse, la procédure à suivre pour retirer ma question écrite, qui semble tant te tracasser...

 

Par la même occasion, je te remercie, toujours par avance et si cela est dans tes capacités, de bien vouloir retenir la laisse des chiens qui depuis quelques jours et plus précisément depuis le dépôt de ma question écrite, par divers moyens plus ou moins inquiétants, ont décidé d'aboyer sur un Député trop curieux... à moins qu'à mon tour je sombre dans la paranoïa...

 

 

            En te souhaitant un bon repos, merci encore Mon Cher Pierre.

 

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Commentaires

  • Pour tout élu prêtant serment, il en va de son double engagement vis-à-vis de nos Constitutions , comme du respect en responsabilité qu'engage tout contrat signé par tout emprunteur engagé sous les drapeaux de notre démocratie.

    Le citoyen élu-employé de notre démocratie, ayant failli, par corruption, par abus de droits, déni de justice, etc etc,

    se démet de facto de sa fonction,

    et la République, le Canton, le contribuable n'ont plus le devoir de financer un tel fautif, ni dans son présent ni dans son futur.

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