20/10/2015

De l’accusation de « corporatisme »…

Lors d’un récent débat au Grand Conseil, il m’a été reproché d’agir par pur « corporatisme », dans la défense d’intérêts privés, pour ne pas dire personnels, au détriment de l’intérêt public que mon mandat m’oblige à avoir pour seul amant…

 Le sujet était, alors, de trouver un intérêt à la pharmacie des HUG,… pardon… à « la pharmacie privée aux HUG », comme notre aimable Conseiller d’Etat nous invite à l’appeler…

 Il m’a été alors fait grief par d’aucuns, dont les noms n’ont que peu d’importance, de défendre mon gagne-pain sous couvert du dépôt d’une motion hostile à la location d’une partie de l’hôpital public pour la satisfaction « humaniste » d’un groupe pharmaceutique à capitaux privés par le biais de l’ouverture d’une pharmacie privée.

 

Passons sur le « mélange des genres » tant il est vrai que tout est relatif depuis Albert…

 

Passons encore, pour en avoir suffisamment débattu, sur les avantages et les inconvénients d’une telle opération spéculative, puisqu’il faut bien appeler un chat… un chat, et, les choses… par leur nom.

 En revanche, cette accusation de « corporatisme », lancée au débotté comme une condamnation d’infamie à l’égard de tout dépositaire d’un mandat public, mérite quelques rapides développements !

 Parlons donc de mon prétendu « corporatisme ».

 

Ex abrupto, qu’il me soit permis immédiatement d’indiquer que, par soucis d’honnêteté, je n’ai pris part au vote…

 

En outre, et surtout, mesdames et messieurs les pourfendeurs du « corporatisme », si votre crainte du « corporatisme » est à ce point épidermique, que vous en arrivez à accuser et invectiver, en écoutant peut être mais sans entendre, votre contradicteur… permettez moi de vous inviter à la révolution ! Voici venu le Grand Soir !

 

 Sortez les bois de Justice ! Dressez les échafauds ! Sortez-moi tous ces députés, conseillers municipaux, nationaux, aux Etats, tous ces administrateurs, et autres délégués… Expulsez immédiatement tout élu… et bannissez-les immédiatement de notre beau pays !

 Surtout, sans désemparer, remplacez-les immédiatement… et sans leur faire ombrage, par des fonctionnaires.

 Pourtant, il me semblait avoir moult fois entendu tout le bien qu’il fallait attendre d’une présence plus accrue de la société civile dans les parlements.

 Mais… sauf à considérer cette accusation de « corporatisme », pour ce qu’elle est, c'est-à-dire l’expression du désarroi du débatteur à court d’argument, l’expression de la volonté de ce dernier de tenter, par dépit, de discréditer son contradicteur…

 

Souffrez mesdames et messieurs les pourfendeurs qu’un pharmacien, comme un médecin, s’intéresse à la santé… Souffrez qu’un avocat s’intéresse à la Justice… Souffrez qu’un journaliste s’intéresse à la liberté d’expression…

 

« Ces bois qu’on dit de justice,

Et qui poussent dans les supplices,

Et pour meubler le sacrifice,

Avec le sapin de service… »

 

Léo Ferré

Ni dieu ni maitre.

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